Comment baptiser le sixième pont...

Publié le par chasseurdeperles

Pas encore né, déjà nominé !

Un immense débat passionne aujourd'hui le petit monde rouenno-rouennais : quel nom faut-il donner au prochain pont qui franchira la Seine ?

Recensons d'abord ceux qui existent déjà : de l'amont vers l'aval, on compte ainsi le pont aux Anglais, indispensable au trafic ferroviaire, superbement ignoré par les têtes pensantes locales, puis le pont Mathilde, le pont Corneille, le pont Boïeldieu, le pont Jeanne d'Arc et le pont Guillaume-le-Conquérant.

Même en comptant sur nos doigts, nous avons donc déjà six ponts. Ne contrarions pas les décideurs, pour eux, c'est officiellement le sixième qu'ils ont décidé de s'offrir, et en y mettant les moyens sans compter. Ce sera donc un pont levant dont les tabliers pourront prendre de la hauteur, cinq ou six fois par an, pour laisser passer quelque embarcation au gabarit hors normes.

Et chacun y va de son commentaire sur la dénomination du grandiose ouvrage d'art encore en construction, comme dans les colonnes de Liberté-Dimanche le 27 août 2006 :

Il y avait le deuxième souffle, le troisième homme, la quatrième dimension, le cinquième élément... le septième art, la huitième merveille. J'en passe. Eh bien, il y a désormais le sixième pont. Soit un pont sans nom. Pour un si bel ouvrage, c'est un vrai crève-coeur. Fallait-il vraiment condamner ce pont-là, avec cette allure-là, à n'être qu'un numéro. N'était-il pas possible d'en anticiper la nomination ?

Les dictionnaires sont formels, hélas : la dénomination, oui, la nomination, non !

Les commentaires narquois seraient déplacés : pas question de ricaner sur un obscur journaliste au rôle ingrat, malheureusement nominé pour le prochain Sottisier de la presse locale, pour une fois, l'auteur de cette sublime envolée dominicale n'est autre que le rédacteur en chef délégué de Liberté-Dimanche, Philippe Villion en personne...

Pour en revenir au pont lui-même, peut-être est-il trop tôt pour rendre hommage à Flaubert, en attribuant son nom à un pont tentant de s'élever au-dessus de la médiocrité rouennaise, comme s'y essayait l'illustre écrivain. Ce serait trop d'honneur pour l'auteur de Madame Bovary, certainement.

Dans l'immédiat, puisqu'il s'agit précisément d'un pont levant, nous envisageons de l'appeler désormais, en toute simplicité, le pont de l'Ascension. Une dénomination qui a des chances de réunir une large majorité...

 

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Publié dans inclassable

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