Le fraudeur UMP : chômeur et député

Publié le par chasseurdeperles

Les sanctions attendront : la cour est en pleine session... 
 

Celles et ceux qui doivent se contenter des minima sociaux apprécieront. Député-maire UMP d'Aulnay-sous-Bois, Gérard Gaudron s'y connaît en matière de précarité : un véritable expert, selon les informations publiées par le Canard enchaîné dans son édition du 20 février 2008. Les fins de mois difficiles, pour lui aussi, sont une dure réalité : 
 

Maire d'Aulnay (80 000 habitants) depuis 2003, Gaudron a commencé à toucher les Assedic en août 2005, après avoir travaillé comme hydrogéologue durant de longues années. 
 

On vous le dit : il n'y a pas de boulot ! Mais il faut quand même payer les factures : 
 

Depuis son élection comme député, le 17 juin 2007, il cumule, chaque mois, ses indemnités de maire (4094 euros) et de parlementaire (6952 euros) avec son allocation de retour à l'emploi versée par les Assedic (55,79 euros par jour, soit près de 1500 euros mensuels). Au total, environ 12500 euros bruts. 
 

Hélas, la précarité n'épargne personne, à moins d'avoir beaucoup de chance :

 
Le 11 mai 2007, l'ANPE le convoque pour réexaminer sa situation. Monsieur le maire "sèche" le rendez-vous, mais l'agence d'Aulnay "oublie" de le radier, comme c'est pourtant la règle pour toute absence injustifiée. 
 

Lui, au moins, s'investit à fond pour aider ceux qui ont plus de mal que lui à s'en sortir : 
 

Gaudron touche, fin juillet, son premier "salaire" de député, tout en continuant d'empocher ses 1500 euros de chômage. Mais le 7 août 2007, les Assedic coupent brutalement le robinet. Le député est sanctionné par une "exclusion temporaire" des allocations de retour à l'emploi pour ne pas s'être présenté à une autre convocation, des Assedic, cette fois. Ce n'est qu'une brève alerte. Le 7 octobre, à la demande expresse du directeur départemental du Travail et de l'Emploi, l'exclusion est annulée et l'argent du chômage atterrit de nouveau, chaque mois, sur le compte en banque de Gaudron. 
 

Même quand on connaît un directeur départemental extrêmement compréhensif, rien n'est simple quand on se bat au quotidien pour avoir de quoi survivre :
 

Pourtant, le règlement de l'Assemblée est formel. A la différence des maires et des autres élus locaux, les députés ne peuvent bénéficier en aucun cas des allocations de chômage. Ils en sont d'ailleurs informés en début de mandat. Mais Gérard Gaudron a eu un instant de distraction. 
 

D'autres n'ont pas la même technique et se font prendre, comme on le lit dans ce même numéro du Canard enchaîné
 

Une bande de braqueurs qui avait écumé des agences bancaires de Bretagne en 2000 et 2001 comparaissait devant les jurés de Rennes, le 1er février. Mais, après sept jours de débats, une incroyable révélation a provoqué un léger contretemps : contraint et forcé, le président de la cour a renvoyé le procès à une prochaine cession. 
 

En attendant une prochaine session, Gérard Gaudron reste député UMP...

 

 

Publié dans astucieux

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